Mardi 8 février 2011
2
08
/02
/Fév
/2011
11:18
Le Parisien, 08 février 2011
Les parents d’élèves d’une quarantaine d’écoles du département, selon la FCPE, ont occupé hier, toute la journée, les
bureaux de direction pour dénoncer les non-remplacements des professeurs absents. Parmi les villes les plus touchées, on dénombre 20 écoles sur 28 à Epinay-sur-Seine et 16 écoles
sur 19 à Saint-Ouen.
Plus sporadiquement, d’autres établissements ont suivi le mouvement à Bagnolet, Pierrefitte, Villepinte, Villetaneuse,
Romainville ou encore Les Lilas.
A l’école élémentaire Curie de Saint-Ouen, les parents d’élèves ont fait leur compte. Sur l’année scolaire 2009-2010, les
élèves ont manqué 40 jours de classe, faute de profs remplaçants. Et déjà, sur les cinq premiers mois de l’année 2010-2011, près de 30 jours d’enseignement sur 84 n’ont pas été
assurés, soit près de 30%. « A la rentrée scolaire, l’inspection nous a promis une profusion, c’est le mot utilisé, de profs avec près de 441 maîtres en plus sur le département, mais où
sont-ils passés? interroge Catherine Charmet, mère d’élèves, élue FCPE. C’est d’autant moins compréhensible que notre brigade de remplaçants a été amputée de la moitié de ses effectifs
(NDLR : 10 sur 21) car ils ont été utilisés ailleurs ».
A Saint-Ouen, ils pointent les absences
Ici, les parents ne savent plus quoi faire pour se faire entendre. Dès la rentrée, ils se sont organisés afin d’assurer une
veille sur les remplacements. Tous les matins depuis septembre, un parent est présent à la grille pour connaître la situation du jour. En cas d’absence d’un enseignant, même une seule, un fax est
immédiatement envoyé au ministère, au rectorat et à l’inspection. Elisabeth Lepage, directrice de l’école et par ailleurs déléguée au Snuipp, principal syndicat du primaire, agit comme elle peut
au jour le jour. « On essaye de répartir les élèves, mais c’est compliqué car nous avons parfois trois niveaux différents au sein d’une même classe, témoigne-t-elle. Il m’arrive même de
garder jusqu’à 6 enfants dans mon bureau. » « Nous ne demandons pas forcément 100% de remplacements mais au moins 90%, détaille Magali Rosenzwzeig, déléguée FCPE. Or, nous tournons
plutôt à 45% alors que nous sommes en zone d’éducation prioritaire. »
Des chiffres contestés par Daniel Auverlot, inspecteur d’académie, selon lequel le taux de remplacement départemental est
de l’ordre de 98%. « A Epinay, nous avons fait ce qu’il fallait puisque aujourd’hui (NDLR : hier), seules trois classes sur 276 sont sans prof », assure-t-il. De
manière générale, le département est très bien loti puisqu’il fait partie de ceux qui ouvrent le plus grand nombre de classes et qui a l’une des meilleures dotations de profs pour des élèves en
difficulté (Rased). »
Mais la FCPE d’Epinay, bien loin d’être convaincue, compte proposer une autre journée de mobilisation après les vacances de
février. « Nous avons eu 680 jours de cours non assurés sur les 28 écoles de la ville depuis septembre, comptabilise Mathieu Glaymann, délégué FCPE. Pour nous, la situation est
loin d’être réglée. »